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03.04.2008

Salut vieille branche

Elle l'avait toujours connu,, aussi loin qu'allait ses souvenirs. Droit, fier, ombrageux parfois, toujours fidèle à lui même... Toujours les bras ouverts, prêt à l'accueillir quelque soit l'heure ou le jour.
Ce matin là elle éprouvait une irrésistible envie de le voir, comme un appel pressant en elle. Il était pour elle comme une source à laquelle l'assoiffé sait pouvoir se repaître. Un océan d'amour et de sagesse, une oreille attentive, un réconfort...


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Alors elle prit le chemin qui descendait vers lui, le soleil brillait haut dans le ciel, en ce bel après -midi d'été et la chaleur était pesante. Cela allait bien à son coeur qui lui semblait si lourd ce jour là. Pourquoi? Elle ne le savait pas vraiment ou peut être si, de trop.
Trop de soucis, trop de déceptions, trop de fatigue, trop de solitude, trop de révolte, trop de ce monde là.
Le chemin l'emmena hors du village, en pleine campagne, et le soleil assommait encore plus fort, la piquant de ses dards avec volupté. Ses pas allaient pourtant, décidés et rapides...
En s'approchant du ruisseau, elle salua l'eau bienfaitrice, se déchaussa et profita de la fraîcheur qu'elle lui offrait... Un moment, elle resta là, à écouter le clapotis des remous sous ses pas puis abandonna sa rêverie, les pensées à nouveau tournées vers lui.
Il lui fallait encore grimper le versant de la colline et là haut, tout en haut elle le retrouverait.

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Lui à l'apparence si dure, si hautaine et qui pourtant possédait un coeur où coulait une sève chaude et nourricière.
Lui qui saurait lui dire les mots justes, lui conter le monde, lui expliquer l'essence de la vie. Lui qui lui donnait l'exemple si souvent par des choses simples et pourtant si peu évidentes parfois.
Il lui dirait encore combien, la terre dont on se nourrit est importante, combien elle enrichit notre être ou le détruit. Il lui dirait encore que l'Amour est beau et fort et combien l'Intelligence règne dans la Création de toutes choses mêmes les plus anodines. Il lui expliquerait encore le chant des oiseaux, le cycle de la vie, ronde éternelle d'Amour. Dans ses bras, il la prendrait, la consolerait de ses maux. Il lui enseignerait à enraciner plus profond son être de manière à résister contre vents et marées.
Pas à pas, déjà il la remplissait de sa présence, de sa sagesse. Et enfin! elle le vit! Debout, toujours au même endroit, les bras écartés vers elle, il l'attendait. Elle s'arrêta un instant, le contempla. Quelle fière allure il avait! Chaque année qui passait lui conférait un peu plus de noblesse. Il forcissait certes mais cela lui donnait une majesté, une présence impressionnante. Plus ombrageux aussi au fil du temps mais plus rassurant aussi.
La chaleur accablante ne semblait pas l'incommoder, lui! Plus elle se rapprochait, plus il lui semblait grand et fort. N'y tenant plus elle se précipita pour le rejoindre et se glissa dans ses bras comme on se glisse sous une aile, pour y trouver réconfort et douceur.

L'air lui parut plus frais, elle respira profondément, humant son odeur boisé et virile. Doucement elle se laisser aller contre lui, écoutant le bruissement de sa voix, caressant son enveloppe rugueuse d'avoir vécu, elle le serra dans ses bras et lui dit: "Mon Arbre! Quel bien tu me fais!"


merci à Thomas Waks alias Roger Mino


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Commentaires

Un très beau texte avec lequel je me retrouve, comme pour le précédent, dans les vraies racines, les vraies valeurs, les vraies joies.

Merci à toi.

Ecrit par : monique | 03.04.2008

bonsoir
oui c'est un très beau texte, agréable à lire

Ecrit par : bernadette | 04.04.2008

Un texte comme je les aime ! Merci à toi pour lui et la joie de le lire.

Bises,

Aliette

Ecrit par : Aliette | 14.04.2008

C ‘était un marronnier,
Il dressait sur le bord du chemin son tronc puissant.
Sa couronne arrondie s’étendait au dessus de la route, en un geste de tendresse, et respirait dans le vent comme une poitrine qui enfle.
Au printemps alors que tout autour de lui était déjà verdoyant, ses feuilles se faisaient attendre longtemps encore. Puis a l’époque des nuits courtes, il dressait son étrange floraison.
A ses senteurs acres et profondes, les souvenirs se levaient et les cœurs se seraient.
Déjà, bien des générations étaient passées sous l arbre.
Bûcherons, marchands, garçons et fillettes, riant pleurant pieds nus ou chaussés selon la saison.
Toujours il en arrivaient d’autres.
Mais ce fut pour elle, un jour, que son sang végétal se figea dans ses veines, que son cœur de bois s’arrêta.
Et lorsque doucement elle lui chantait ses mots, sa ramure frissonnait dans le zéphyr, et ses racines s’agitaient gaiement en faisant apparaître a la surface, de petits monticules de terre grise et fraîche.
Quand elle le touchait, il penchait doucement ses branches comme pour l’envelopper, comme pour la protéger, comme pour lui répondre.
Et l’orsqu’elle s’en allait, une grosse bourrasque venue du sud, faisait glisser les larmes que la rosé du soir avait délicatement laissée pour décorer d’une fine pluie d’étoiles ses gigantesques limbes vert.

Ecrit par : thomas waks | 25.04.2008

C'est très émouvant, plein de tendresse et de romantisme, des valeurs qui se perdent et en même temps on les cherche...

Bises.
Danièle.

Ecrit par : PourMarie | 06.06.2008

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