« silence, on tourne | Page d'accueil | Beauté, qui es tu? »
17.08.2007
Coup de foudre
« Zut! se dit -il, me voilà pris au piège! »
Jean - Jules en était là dans sa réflexion. L’événement de la veille le bouleversait encore. Il retournait les images une à une dans sa tête, son cœur tourbillonnait toujours.
L’ahurissement de la première émotion était bien passé mais il se sentait encore un peu étourdi. Il arpentait la grande allée du parc nerveusement Ses pensées l’absorbaient tant qu’il ne sentait pas que la pluie se mettait à tomber.
Il allait tête nue, des gouttelettes ruisselaient sur son visage dont le regard hagard se perdait dans la flamme de ses pensées. Il était l’image même d’un être en proie à un tumulte intérieur.
Sans cesse remontait à sa mémoire la nuit passée où il se rendit à ce rendez - vous avec le destin.
Elle lui avait paru si belle, les yeux auréolés de larmes, sa longue chevelure qui s’épandait scintillante, à la lumière du projecteur, si simple dans sa nudité pâle d’une nuit sombre. Elle, toujours d’une apparence si froide souriait presque sous ses larmes de cristal, sa peau s’illuminait d’étoiles papillonnantes. Apparition féerique et pure. Instant d’innocence. Il aurait voulu l’assaillir de flashes électroniques. Il se voulait artiste sous l’emprise de l’inspiration, rapide comme éclair afin de pouvoir saisir chaque grain de peau de cet instant précieux…
Dans sa réflexion contemplative, il ne savait plus trop si la nuit environnante et l’enivrement chaud de ce soir d’été particulier étaient les uniques responsables de cet éblouissement si soudain. Il ne pouvait se résoudre à y croire et pourtant cette chaleur persistait dans sa poitrine. Cette illumination, cette fée, surgie de ce monde qu’il n’espérait plus depuis longtemps. Dans son regard se reflétait la douceur de sa propre image, toute auréolée sous l’effets des ombres portées par la clarté étrange de cette nuit - là. Il le sentit vibré en lui. Aucun son ne put sortir de sa gorge. Il restait la bouche ouverte, une boule d’émotion prisonnière entre son cœur et son esprit.
Il resta là, longtemps face à elle, le regard fasciné.
Il errait, seul étonné de cette découverte qui allait faire la une d’un grand magazine un peu plus tard. Ce soir encore, toutes les conditions étaient réunies, la pluie s’était enfin mit à ruisseler de même. Il ne restait qu’à espérer que l’endroit était aussi désert que la veille. Elle l’attendait, comme à l’accoutumée, immobile sur son socle de pierre au bout de la place.
Il allait prendre la photo de sa gloire…
Celui qui, demain serait le grand Juju, élu photographe de l’année était bel et bien pris au piège
16:40 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


