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15.08.2007

silence, on tourne

medium_land-art-01-12_1_.jpgSilence on tourne!

Elle n’avait qu’une hâte ce jour là, comme tous les jours. Il fallait bien qu’elle se l’avoue…

Elle se montrait fébrile, pressée d’ouvrir la porte et de s’échapper. Vite, vite le retrouver enfin!
Pouvoir se reposer dans le creux de son aile, sentir à nouveau sa présence réconfortante, ce sentiment de paix. Bon sang! Que le temps paraissait long parfois!..
Son travail quotidien l’absorbait sans arrêt, son esprit toujours aux aguets, l’œil partout, l’oreille attentive, sans cesse sollicitée. Et puis passer d’une activité à une autre sans relâche, s’efforcer de ne rien oublier, de ne pas prendre de retard. Suivre deux conversations à la fois lui était devenu coutumier. Penser à une chose à faire alors qu’elle en réalisait une autre était devenu un de ses sports favoris.

Elle ne pensait qu’à lui. A son absence, au bonheur si simple d’être en sa compagnie, de retrouver le calme intense qui émanait de lui. Elle voulait l’écouter à nouveau, les yeux fermés sous le plaisir, l’écouter lui raconter de sa douce voix son monde et ses amis.
Et plus le jour avançait et plus il lui manquait C’était devenu comme un besoin vital, il lui fallait sa dose! Tous ses sens en éveil appelaient à cette rencontre quotidienne. Ah! Le respirer encore, se laisser envelopper par sa présence, être lascive et bercée par un murmure tendre. Tout oublier avec lui, tout partager.

Elle était heureuse de ses activités multiples, d’être active. Elle se sentait vivante, terriblement vivante. Cela la rongeait presque. Il y avait tant à voir, à découvrir. Alors, elle projetait sans cesse un « autre chose ». Et elle se réjouissait. A ces moments - là, le temps lui semblait trop court, trop rapide à l’inverse de celui si brûlant où elle pensait à lui. Ses journées bien remplies ne laissaient guère à son esprit le loisir de s’échapper de l’instant présent. Et quand, enfin, elle pouvait lui accorder une pensée, elle ouvrait la porte à une bouffée irrésistible qui l’appelait à tout laisser tomber et à se précipiter pour le rejoindre.
A chaque fois l’appel étai plus fort. Elle résistait. Jusqu’au temps où cela devenait un ordre impérieux, un besoin vital, comme une envie furieuse d‘uriner. Elle frisait l’explosion. Elle n’avait plus d’autre choix! Il fallait y aller.

Alors elle s’enfuyait presque pressée, la tête ailleurs. En chemin, elle savourait à l’avance le bonheur si suave de le retrouver! Déjà! Elle allait mieux! Les idées bousculées se mettaient au repos, ses muscles se détendaient. L’air frais du dehors la purifiait, la revigorait d’une énergie nouvelle. Son allure accélérait. La voiture. Direction la sortie, la liberté, la solitude. Le brouhaha général s’effaçait, elle n’avait plus à répondre à qui que ce soit de quoi que soit. Libre et seule. Un moment de bonheur. Elle se rapprochait de lui et cela sentait déjà bon. Un de ces parfums enivrants qui vous enveloppe l’âme et vous console. Elle arrêta le moteur, ouvrit la portière, se leva et là! Elle lui ouvrit les bras pour le saluer. Il était là et la prenait dans ses bras.

Ciel! Que c’était…! Divin!…………………Tu es d’or, mon tendre amant, très cher Silence!