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22.08.2007

joies de l'été

medium_ges.jpgJoies de l’été

Il y avait foule à la porte de l’enfer. Bruits et explosions.
Des lumières scintillaient de partout agressant le regard surgi de la nuit. Ce n’était pas par hasard : cela abrutissait, anesthésiait l’esprit. Des jeunes filles au sourire de circonstance vous saluaient, vous engageait à les rejoindre.
L’ambiance phonique canardait des sons criards et discordants où tous les rythmes se mélangeaient.
Aucune parole n’était audible. De toute façon, nul n’était là pour échanger des idées et Elisa se demandait ce qu’elle faisait là au beau milieu de ce capharnaüm de sons et de lumières.
Ses oreilles souffraient, elle plissait les yeux sous la douleur.
Les gens passaient, l’air hagard. Elisa se sentait perdue au milieu de ce monde qui défilait le long de l’allée centrale. Des personnages hirsutes parfois apparaissaient en poussant des cris rauques et gras pour disparaître aussitôt, happant au passage quelque quidam crédule. Des animaux figés tournaient en rond en une monotonie grinçante qui glaçait le dos.
Pourtant , la chaleur étouffait.
Elisa tentait de se persuader qu’elle allait s’habituer, que c’était une question d’adaptation mais tout ce monde aux sourires factices, aux visages trop fardés l’agressait davantage au fur et à mesure de sa visite. Dieu! Quelle chance elle avait de ne pas être là à demeure!
Plus haut, des gens hurlaient de terreur alors qu’ils se retournaient dans les airs enfermés dans une cage de fer. Là - bas, d’autres subissaient l’épreuve de la vitesse et de l’eau et leurs cris éclaboussaient très loin.
Elle resta un moment, perplexe, à observer des personnes prisonnières d’un labyrinthe aux parois de verre qui s’affolaient en se cognant aux vitres. Leur angoisse se lisait dans leurs yeux effarés et d’autres, dehors s’en amusaient. Elisa s’étonna une fois de plus de l’absurdité e l’être humain. Comme pouvait - on rire de la peur de l’autre?
Mais on était en enfer….
Elle aperçut plus loin sur la gauche un endroit plus sombre qui semblait plus calme et s’y dirigea espérant se reposer un peu Il y avait de grands échafaudages d’acier et Elisa se demanda à quoi cela pouvait bien servir. Soudain il y eut un cri immense et unique. Et elle compris.
Quelqu’un tombait en chute libre, puis un autre, puis un troisième. Et des applaudissements fusaient. De l’autre côté, deux hommes attachés l’un à l’autre se projetaient d’une plate - forme pendus à un élastique. Leurs têtes frôlaient le sol,puis emportés par leur élan, leurs corps basculaient de nouveau en arrière. La peur déformait leur visage et c’est d’une démarche hésitante qu’ils repartaient en direction d’une autre attraction infernale.
Une envie folle de partir lui monta le long du dos. Vite! Quitter ce lieu maudit…. Mais elle avait promis. Elle poursuivit donc son périple. Des enfants gesticulaient au sein d’une fumée malodorante. Elle hâta le pas. Peut - être que là…
Un petit train tournait, cela avait l’air assez tranquille malgré le brouhaha environnant. Mais au moment où il s’engouffra dans un tunnel, les hurlements redoublèrent. Elle préféra ne pas chercher à savoir ce qu’il y avait à l’intérieur continua son exploration. Elle vit encore des gens qui tombaient à l’eau, des jambes qui s’agitaient, des mains qui s’agrippaient. Les piaillements des uns et des autres lui résonnaient dans la tête. Elle ne savait plus où poser son regard. Peut - être fermer les yeux mais l’amalgame de musique et de voix humaines au paroxysme la poursuivait. Ce fut un dernier cri qui la sauva…
« Nous avons le regret d’informer nos visiteurs que le parc d’attractions va fermer ses portes. Nous vous souhaitons un bon retour chez vous ainsi que de beaux rêves. »